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Christian Streiff

Tel qu’en lui-même

En 2014 - oups, déjà ! -, Christian Streiff se souvenait de l’homme pressé qu’il avait été. S’il « scrolle » un peu, le lecteur curieux pourra vérifier ce qu’il disait à ce sujet, dans le cadre d’Inspirations. Aujourd’hui, s’il n’a pas délaissé le terrain de l’accompagnement et du conseil, Christian Streiff a retrouvé le goût de ses passions de jeunesse.

Christian Streiff

Naguère, Christian Streiff était en retard à un rendez-vous parce qu’un conseil d’administration s’éternisait, un ministre l’appelait, une urgence industrielle le retenait… A présent, s’il lui arrive de manquer de ponctualité, c’est en raison d’un dernier trait de pinceau, d’une ultime touche de couleur apportée à la toile posée sur son chevalet - en matière d’aquarelle le repentir n’attend pas.

En vérité, la soixantaine gentiment avancée, Christian Streiff a entamé une nouvelle vie, trouvé - ainsi qu’on le soupçonnait en 2014 - une seconde jeunesse et renoué avec les passions qui ont marqué la première, dont la peinture. « J’ai pratiqué jusqu’à ‘taupe’* et je m’y suis remis sérieusement depuis la pandémie du Covid-19. » Il partage un atelier avec un jeune artiste. « Nous nous aidons mutuellement, et c’est aussi enrichissant pour lui que pour moi. » Une manière de transposer dans le domaine artistique ce qui constitue désormais l’une de ses principales occupations professionnelles : l’accompagnement des jeunes entrepreneurs.

Fil rouge écologique

En 2014, Christian Streiff trouvait qu’accompagner les jeunes était une expérience fabuleuse, répondant à sa volonté de transmettre. En 2022, il n’a pas changé d’avis, au contraire ! « Je les conseille, sans avoir à décider ». Ils l’écoutent… un peu, ça l’étonne… parfois, mais il les laisse toujours « libres de se tromper », puisque cela fait bien entendu partie du package ‘chef d’entreprise’.
Il faut croire cependant que ses conseils restent généralement suivis d’effets si l’on veut bien constater l’essor de start-ups comme Zeplug (bornes de recharge pour véhicules électriques et hybrides à domicile et en entreprise), Expliseat (conception de sièges ultra-légers pour l’aéronautique, qui étend sa gamme au ferroviaire), ou encore tout récemment Fairmat (recyclage des produits en fibre de carbone).

Avec cette dernière, Christian Streiff est fidèle à ce qui le fait vibrer depuis toujours : l’écologie.« A l’Ecole des Mines, au début des années 70, j’avais lancé un cours d’écologie. C’était novateur et j’imaginais que toutes les grandes écoles allaient s’engager dans cette voie. A l’époque, personne n’a suivi… » Ce qui ne l’a pas empêché, au gré de sa carrière, de mettre en œuvre ses convictions : « Chez Saint-Gobain, par exemple, nous avons initié le recyclage du verre. Nous avions signé une convention en ce sens avec Corinne Lepage, alors ministre de l’Environnement. Aujourd’hui encore, tout le ‘verre vert’ est produit à partir de bouteilles recyclées. Chez PSA, j’ai instauré le moteur 3 cylindres, pour réduire le CO2, qui équipe les petits modèles du groupe. Il est vrai que l’on n’a jamais vraiment communiqué sur ce sujet. Aujourd’hui, on en parle beaucoup, mais je ne suis pas sûr que l’on en fasse beaucoup plus. »

Dans la poursuite de ce ‘fil rouge écologique’, Christian Streiff s’implique actuellement dans le projet My Planet Care, visant à créer la première plateforme interactive personnalisée pour aider chaque citoyen à gérer son environnement et ses impacts sur sa santé.

Une belle vie

Voilà donc le nouveau Christian Streiff, qui va « moins vite pour gagner du temps », prend celui de vivre, d’être en famille, de voir ses enfants, d’aller au cinéma, au théâtre. Une vie « beaucoup plus tranquille, plus cool qu’autrefois, oui. ». Assurément plus… raisonnable aussi, quand la précédente se révélait trépidante jusqu’à l’excès. « Moins exaltante, sans doute, que celle d’un grand patron qui n’est pas accessible à tout un chacun, mais plus variée et à la portée de tous. »

Ne sentirait-on pas dans le propos comme une once de regret de n’être plus capitaine d’industrie parmi ses pairs ? Voire un brin de frustration ? A peine. Si peu… « Je fais ce qui me plaît, j’ai une belle vie » et plus de conseils d’administration, de ministres, d’urgences industrielles pour lui gâcher le bonheur simple d’une randonnée pédestre, où la joie d’achever un tableau. D’ailleurs, pourquoi ne pas exposer un jour ? S’il en caresse l’idée Christian Streiff n’en dit pas davantage. Pour se confier volontiers, il n’en conserve pas moins un jardin secret bien secret. Dont acte. Mais lors d’une prochaine interview, dans quelques années… Prenons date.


*Surnom donné, comme chacun sait, aux classes préparatoires scientifiques, maths sup et maths spé.

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